Mali: ouverture d'une enquête après les affrontements meurtriers de Gao



Dans le nord du Mali, une centaine de jeunes se sont rassemblés ce mercredi 13 juillet devant le gouvernorat de Gao, et ce malgré les violences d'hier. Des échauffourées avec les forces de l'ordre qui ont fait trois morts et plus de 30 blessés. Les jeunes de la ville manifestaient contre la mise en place des autorités intérimaires, dans le cadre de l'accord de paix d'Alger. Une délégation de plusieurs ministres et de députés s'est rendue dès ce mercredi matin dans la ville du nord. Ils rencontrent en ce moment les représentants des jeunes.

Depuis mercredi soir, la porte est fermée et les discussions se poursuivent entre les manifestants, les autorités locales et la délégation envoyée par Bamako. Délégation importante : quatre ministres, ceux de la Sécurité, l'Intérieur, de l'Administration du territoire et celui de l'Aménagement. Avec eux, cinq députés qui connaissent bien Gao. L'opposition déplore que cette délégation ne comporte que des élus de la majorité.
Ce mercredi soir, la situation est plus calme. Ils étaient une centaine de jeunes en milieu de journée à faire face aux forces de l'ordre près du gouvernorat de Gao. Quelques tirs de sommation ont été entendus. Rien à voir cependant avec les tensions de mardi 12 juillet. Si quelques commerces ont gardé leurs portes closes dans les alentours, le calme règne dans le reste de la ville selon les témoins.
Mardi soir, plusieurs jeunes qui avaient été arrêtés ont été libérés au terme de discussions entre la société civile et les autorités. Ils réclament maintenant le départ du chef de la police et du gouverneur de Gao, Seydou Traoré, qui, selon eux, aurait donné l'ordre de tirer sur la foule. Seydou Traoré, de son côté, attribue les violences à des groupes armés : « L’occupation a été caractérisée par la création de groupes d’autodéfense. Il y en a une multitude dans la ville et chacun se bat pour ses intérêts. Parmi ceux-ci, il y a ceux qu’on appelle aussi "les patrouilleurs" et c’est eux qui ont demandé à faire une marche ».
Le gouvernement malien a quant à lui annoncé l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur ces évènements.
Les jeunes ont promis de continuer les sit-in pour protester contre la mise en place des autorités intérimaires. Ces autorités doivent remplacer les collectivités territoriales actuelles et être déployées à partir de vendredi 15 juillet dans les cinq régions administratives du nord du Mali, selon l'accord de paix signé en 2015 par le gouvernement malien et les groupes armés. Issa Boncana Touré, un des organisateurs, craint que des anciens rebelles y soient nommés : « Des gens qui ont violé ici, des gens qui ont pillé, des gens qui nous ont cassés, des gens qui nous ont tout pris. Et au jour d’aujourd’hui, on veut partager notre autorité entre ces hommes-là ? Nous disons non, non, et non aux autorités intérimaires ici à Gao. »
Autre point de tension : le cantonnement. Ces jeunes souhaiteraient faire partie du processus mais pour l'instant, ils en sont exclus car ils n'ont plus d'armes et les seuls à pouvoir bénéficier du programme de démobilisation et de réinsertion sont les combattants qui acceptent de rendre leurs armes, justement.
Source:RFI

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