Les langues maternelles bientôt enseignées dans nos écoles pour quelle finalité ?


L’une des marques visibles de l’héritage colonial en Afrique francophone surtout subsaharienne se trouve être la subsistance de la langue française comme langue de base par excellence de l’enseignement dans les écoles. Plus d’un siècle après, une inquiétude semble s’emparer des autorités et acteurs en charge de l’éducation où le français est érigé en pole position dans langue vivantes. Une question se dégage toute fois de cette inquiétude : que deviendront nos langues maternelles dans les années à venir ? Le sujet est au cœur des réflexions dans les pays membres du réseau "Ecole et Langues Nationales Afrique" (ELAN Afrique).

Un atelier de production des lexiques bilingues (français- langues africaine) spécialisés pour l’enseignement de la lecture-écriture et des mathématiques à l’usage des enseignants expérimentateurs a réuni du 24 au 30 octobre dernier les nouveaux pays qui ont adhéré à cette initiative régionale notamment la Guinée, la Cote d’Ivoire, le Madagascar et le Togo. Quatre langues nationales ont été choisies pour cette phase expérimentale : le kabyè, l’éwé, le dioula et le malagasy.

Cette  réforme dans le monde de l’éducation en Afrique est très significative dans la mesure où elle permettra non seulement de promouvoir une éducation de qualité, mais aussi il en va de la survie des cultures africaines à travers les langues qui les véhiculent. Tout comme certains pays du Maghreb, le Sénégal a su rapidement se tirer de l’affaire en instituant le Wolof comme langue de travail. Au parlement sénégalais, les séances se tiennent en Wolof. Quelle fierté pour un pays lors que ses fils et filles se communiquent dans leurs langues maternelles. 

Au Togo, le français a envahi toutes les couches sociales. Dans les services administratifs, les entreprises, les commerces, les ateliers d’apprentissage, dans les églises, mosquées et couvant, écoles, maisons, aucun secteur n’est épargné.

Espérons que cette nouvelle donne viendra raviver la flamme culturelle et linguistique africaine étant donné que l’Afrique serait  le continent le plus prolifique en matière de langues. Ce pendant une chose est clair, le français ne va pas disparaitre du jour au lendemain dans ce contexte de la mondialisation.

Reléguer le français au second plan revient également à mettre en arrière-plan la mémoire de plusieurs décennies de l’esclavagisme et du colonialisme français. Le contraste reste toujours d’actualité.




Aucun commentaire

Fourni par Blogger.