Togo : La difficile marche vers la décentralisation

Il y a trois décennies que les élections locales ne sont plus organisées au Togo. En lieu et place, le pouvoir a mis en place des délégations spéciales. Réclamé par la classe politique de l’opposition et des partenaires en développement, le processus de décentralisation peine à s’enclencher véritablement malgré les discours officiels.
A quand l’organisation des élections locales au Togo ? A quand la véritable décentralisation censée permettre l’apprentissage à la base des valeurs démocratiques ? Voici quelques une des questions qui brûlent actuellement les lèvres. Longtemps réclamée par les communautés, l’opposition et les partenaires en développement du Togo, la décentralisation a du plomb dans l’aile en dépit de quelques signaux du pouvoir pour plaire à ses bailleurs de fonds.

Cette année, le pouvoir, via les membres du gouvernement, a multiplié les rencontres avec les populations de l’intérieur pour leur expliquer les exigences de la nouvelle donne, de la démocratie à la base. De nouvelles préfectures sont créées. Faure Gnassingbé, lui-même, s’est entretenu avec les têtes couronnées du pays sur la problématique en avril dernier, à la Présidence de la République. Il y a deux mois, au cours d’un Conseil des ministres, le sujet était au cœur des discussions.

Depuis hier, le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales tient à Lomé, en collaboration avec le système des Nations Unies au Togo, un atelier de réflexion de trois jours sur les enjeux de la décentralisation à l’intention des acteurs concernés.

Son objectif, outiller les participants sur les modalités de transfert de compétence, de financement du processus de décentralisation… A l’issue de la rencontre, les recommandations qui tiendront compte des réalités nationales, vont permettre d’accélérer le processus de l’organisation des élections locales, nous dit-on.

Un expert allemand est arrivé pour expliquer aux participants de l’atelier de réflexion qui prend fin demain l’exemple de son pays qui a une expérience de 800 ans en matière de décentralisation.

Cette rencontre, déclare Khardiata Lo N’diaye, Représentante-Résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), marque « un grand pas dans la marche vers la décentralisation au Togo ».

En tout cas, les Togolais ne demandent qu’à y croire.

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