Difficile progression des forces irakiennes dans l’ouest de Mossoul

L’armée irakienne bute toujours contre les défenses des jihadistes à l’entrée de la vieille ville de Mossoul. Les forces irakiennes ont déployé des francs-tireurs sur des immeubles de la vieille ville pour cibler les jihadistes. Des milliers d'hommes, soutenus par la coalition internationale sous commandement américain, ont lancé le 17 octobre l'offensive pour reprendre la deuxième ville d'Irak et dernier grand bastion de l'EI dans le pays.
Les combats sont violents, mais les lignes restent figées. La vieille ville est impénétrable. L’armée irakienne jette toutes ses forces dans cette bataille. Forces spéciales, divisions d’intervention rapide et police fédérale n’arrivent toujours pas à briser les défenses ennemies. La vieille ville est un véritable labyrinthe doublé d’un champ de mines. Les blindés ne passent pas. Les ruelles font souvent moins d’un mètre de large.

Les jihadistes se sont retranchés dans cette vieille ville et avec eux des milliers de civils sont pris en otage. Difficile d’estimer le nombre exact de cette population prise au piège. Ce qui est certain, c’est que la vie de ces civils n’a aucune valeur pour le groupe Etat islamique. Ils servent de boucliers humains aux jihadistes. Le seul moyen de les préserver est d'utiliser le moins souvent possible les frappes aériennes.

 Les bombardements de la coalition internationale surpuissants se limitent généralement à l’interception de véhicules piégés. Durant les six derniers jours, deux bulldozers pigés ont réussi à traverser la ligne de front. Ils ont pénétré dans les secteurs de l’armée. L’un d’eux a explosé. Plusieurs soldats irakiens ont été tués. Leurs blindés calcinés.
Le second a été détruit par une frappe de l’aviation. Nous étions à 300m.


Les plus féroces combattants étrangers du groupe EI

La vieille ville située dans la partie ouest de Mossoul a à la fois une importance stratégique et symbolique. Stratégique, car elle fait office de fortification. Ici un colonel de l’armée irakienne explique : « moi aussi à la place des jihadistes j’aurais choisi la vieille pour me replier. C’est la meilleur tactique ». Symbolique ensuite : car c’est là où tout a commencé. Dans la vieille ville se trouvent la fameuse mosquée Al Noree, identifiable de loin grâce à son minaret penché. Une sorte de tour de Pise locale. C’est à cet endroit que le chef du groupe Etat islamique, Abou Bakr Al Bagdadi, apparait en public quelques jours après la proclamation du califat durant l’été 2014. 

Dans cette vieille ville l’organisation terroriste a rassemblé la plupart de ses divisions de combattants étrangers. Les meilleurs et les plus féroces affirment ici des sources du renseignement irakien. 

La bataille de Mossoul est aussi une bataille de tireurs embusqués. Les deux camps ont des tireurs de précision. Leur double mission : combat et renseignement. De part et d’autre ils excellent dans l’art de la dissimulation. Un tireur d’élite de l’armée irakienne rencontré ici raconte : « je traverse les lignes ennemies, je m’installe dans une planque, communique ma position satellite à mon commandement pour éviter d’être ciblé par mon propre camp ». Le doigt sur la gâchette, l’œil rivé sur la lunette de son fusil, il est certain d’abattre sa cible jusqu’à 700m autour de lui.

«Les balles ricochent au-dessus de nos têtes»

Dans un ancien hôtel sur les rives du Tigre, les soldats irakiens tiennent leur position mais ils le savent, un tireur embusqué du groupe Etat islamique guette leur déplacement. Souvent les balles ricochent au-dessus de nos têtes, confie un sous-officier. 

Les lignes sont proches. Moins de 10m séparent les positions des deux camps. « Parfois il nous arrive de nous retrouver dans une même maison » raconte un autre soldat. Cette semaine, dans la confusion les jihadistes ont même enlevé un officier. Exécuté, la photo de son cadavre a été publiée sur internet par l’agence Amaq, l’organe de propagande de l’EI. 

Plus au sud dans Mossoul, les civils des quartiers libérés retrouvent un semblant de vie ordinaire. Mossoul en ruines est une ville dévastée. Dans certaines rues, une odeur nauséabonde flotte à proximité des cadavres de jihadistes en décomposition. C’est là que vivent les habitants de Mossoul qui ont refusé d’abandonner leur maison pour rejoindre les camps. Pour se nourrir, ils dépendent des aides extérieurs. Chaque jour, des camions d’aide humanitaire arrivent ici. La distribution a lieu généralement dans la matinée. 

Cette population est encore terrifiée, marquée par presque trois années de vie sous le règne du califat autoproclamé. Fini le calvaire, mais pas la menace jihadiste. Ils le savent, la ligne de front est à 2km. De plus, les jihadistes ont certainement infiltré la population.

Source RFI

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