Procès Khalifa Sall: le maire de Dakar entendu par la justice

L'affaire Khalifa Sall est une affaire très sensible au Sénégal. Le maire de Dakar est soupçonné de détournement de fonds, et il semble que le temps de la justice ait sonné, ce vendredi 17 mars. 

A part ses avocats, personne n’a vu Khalifa Sall qui a été emmené très tôt au tribunal pour éviter une rencontre, un attroupement de ses sympathisants. Selon ses proches, le maire de Dakar serait cet après-midi, dans le bureau du doyen des juges, au troisième étage du palais de justice. Khalifa Sall doit être interrogé sur le fond. Autrement dit, pour la première fois, il va pouvoir s’expliquer sur l’utilisation des 2,7 millions d’euros versés par l’Etat qu’il est soupçonné d’avoir détourné, car la justice estime qu’ils n’ont pas été justifiés dans la comptabilité de la mairie.

Khalifa Sall n’est d’ailleurs pas le seul à être interrogé aujourd’hui. La première personne interpellée dans ce dossier, c’est Mabye Touré, le DAF, le directeur administratif et financier de la mairie de Dakar. Rien ne filtre donc pour le moment de ces interrogatoires.

Des soutiens en masse

L’ambiance est, une nouvelle fois, à l’extérieur du tribunal. L’enceinte du palais de justice a été évacuée ce matin, et les militants, entre 200 et 300 soutiens du maire de Dakar, sont massés à l’extérieur et s’arrachent les nouveaux t-shirts : « libérez Khalifa Rek », « libérez Khalifa, un point c’est tout ». Des sympathisants qui dénoncent toujours une justice inéquitable. « La justice doit faire son travail. Mais quand on voit le procureur de la république, il n'a fait qu'accuser à charge, je pense que Khalifa est vraiment victime de l'arbitraire », estime l'un d'eux. 

« On est de tout coeur avec Khalifa Sall, parce que c'est purement de l'injustice, c'est purement politique », s'exclame encore l'une des sympathisantes. « Libérez Khalifa, maire de Dakar, prisonnier politique ! C'est ce qui est réel actuellement », énonce un troisième. 

La procédure judiciaire pourrait être longue. Les actes d’accusation sont graves, notamment le détournement de deniers publics. Mais pour les avocats qui défendent le maire et ses proches collaborateurs, les interrogatoires menés depuis jeudi 16 mars ont permis de prouver que le dossier judiciaire est vide. Maître Clédor Ly a également indiqué que toutes les démarches de demandes de liberté provisoire seront lancés le plus rapidement possible. 

Source RFI

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