Togo/ Urbanisation : Comment parvenir aux villes durables d'ici 2050


(Carrefour de la République-Agoè ) Image à titre illustratif

Quelle ville pour le Togo de demain ? La question était au centre d’une causerie-débat vendredi 28 septembre dernier à l’intention des élèves du Lycée technique d’Adidogomé (Lomé). Cette rencontre, organisée par l’Ambassade de France au Togo, s’inscrit dans le cadre de l’Initiative « l’Afrique en débat »et a porté sur le thème « Des villes et des hommes, défis et opportunités de l’urbanisation en Afrique ». Le sujet est bien posé d’autant plus qu’il constitue l’un des cas les plus préoccupants de l’heure. Les villes accueillent aujourd'hui plus de 60% des populations en Afrique et les statistiques prévoient qu’en 2050, plus de 3 habitants sur 5 vivront en milieux urbains, avec comme tête d'affiche le Nigeria. 

Pour la circonstance, trois panélistes, pas des moindres, ont été conviés à échanger avec les jeunes élèves des lycées modernes et technique d'Adidogomé sur leur vision des villes du futur en Afrique et au Togo en particulier, dans un contexte marqué par les enjeux climatiques. Les trois ont abordé dans leur présentation la notion de la ville durable, celle qui respecte le cadre environnemental et le préserve de toute atteinte. 

L'Urbanisme et villes durables

Le premier, Dr Moussa N’dembélé, Directeur général de l'Ecole Africaine des Métiers d' Architecture et de l'Urbanisme EAMAU, a orienté sa communication sur l’urbanisme et l’habitat. Selon cet expert, l’urbanisme a un rôle capital à jouer dans la notion de ville durable. Les villes africaines sont caractérisées par une prolifération de logements informels. Ce phénomène, qui ne dit pas son nom, ne peut être combattu qu’à travers la création de logements décents ; ceci reste un défi majeur à relever par les pouvoirs public. Une ville durable se construit en suivant un outil de planification, une planification qui doit en réalité se baser sur les ressources locales. 

« La ville africaine doit rester africaine, avec les réalités africaines c'est-à-dire notre manière de vivre, de produire et de consommer. C’est à ce prix qu’on peut résoudre les problèmes économiques, culturelles et sociales », a martelé Dr Moussa N’dembélé.


L'Energie et ville durable

La seconde communication, présentée par Mr Bolidja Tchièm, Directeur Général de l’Agence Togolaise d’Electrification Rurale et des Energies (AT2ER), a mis un accent sur la problématique de l’énergie, un élément crucial dans la définition de la ville et un facteur de développement. Le Togo connait une croissance de 8% par an en termes de demande en électricité. L’Afrique bénéficie durablement du soleil. Cependant on enregistre un faible taux de production et de distribution d’énergie, notamment solaire dû à son coût élevé, au cadre institutionnel qui connait un début de prise en charge et aux contingences culturelles.

Les sources d’énergies thermiques sont plus utilisées en Afrique alors qu’elles sont à l’origine du réchauffement climatique. Comme alternative, Mr Bolidja Tchièm propose un changement de paradigme pour aller vers d’autres sources moins polluantes et moins chères. Ce qui va contribuer à rendre le cadre de vie sain, tout en évitant certaines maladies liées à la pollution.

 " Les populations doivent aussi faire preuve de rationalité dans la consommation d’énergie pour une efficacité " selon lui.


La gestion des déchets et villes durables

Mr Edem d’Almeida, Directeur Général de la société Africa Global Recycling (spécialisée dans le tri et la valorisation des déchets), troisième communicateur, a axé son intervention sur la question de la gestion des déchets ménagers et autres. La gestion des déchets s’avère être un véritable casse-tête pour les autorités et constitue aujourd’hui l’une des sources majeures de la pollution de l’environnement. Du coup, la vision d'une ville durable s'avère hypothétique. 

Pour ce spécialiste en gestion des déchets, " une prise de conscience individuelle sur le sujet constituera un début de solution pour rendre les villes togolaises saines et plus vivables ".

Cette cinquième rencontre de " l'Afrique en débat " a, par ailleurs, été l’occasion de lancer officiellement l’initiative " Moi Jeu Tri " de la société Africa Global Recycling au lycée technique d’Adidogomé. Dans les faits, 68 poubelles seront installées dans l’enceinte du lycée, pour permettre aux élèves de le tri des papiers, plastiques et métaux. Les bénéfices engrangés par la revente de ces déchets à l’entreprise Africa Global Recycling permettra aux lycéens de financer le projet social de leur choix.

Outre le Lycée d'Adidogomé, 20 autres établissements du secondaire de Lomé accueillent l'initiative  " Moi Jeu Tri " Le projet a reçu le soutien financier du service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France et va contribuer à rendre sain l'environnement. 

En guise de conclusion, retenons que, l'architecture, l'énergie et la gestion des déchets, sont trois éléments clés qui doivent être pris en compte dans la création et gestion de villes durables, ils ont été au cœur des échanges avec les élèves, eux la relève de demain, afin qu'ils se décident d'ores et déjà, sur le cadre de vie qu'ils souhaitent bâtir demain. L'avenir de la planète et de l'humanité est en jeu. L'eau, l’hygiène et l'assainissement ne sont pas non plus à négliger.

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