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25 janvier 2019

EDITORIAL : Les Togolais ont-ils encore envie de descendre dans les rues ?


Le Togo est un pays connu pour diverses qualités notamment l’hospitalité, la bienveillance … Cependant, d’aucuns le qualifient de pays atypique en raison de certains contrastes. Ces dernières années, la politique ne cesse de troubler la vie pourtant paisible des citoyens togolais. La cause : des conflits idéologiques entre le parti au pouvoir et l’opposition dégénèrent parfois provoquant des drames (dégâts humains et matériels). « Togo, debout. Luttons sans défaillance. Vainquons ou mourrons mais dans la dignité. ». Ces vers de l’hymne national sont le slogan de l’opposition et d’une partie de la société civile à l’égard du parti au pouvoir. 

Décryptons la situation.

Le parti au pouvoir est actuellement Union pour la République (UNIR) et anciennement Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Le RPT a dirigé le Togo depuis les années 1970 jusqu’à sa mutation en UNIR en 2013 et est personnalisé par le général Gnassingbé Eyadema et après son décès, par son fils Gnassingbé Faure. Un règne que l’opposition juge d’héréditaire, longue et sans partage. 

La violence dans la politique togolaise date de l’époque coloniale. Des marches de protestation initiées par l’opposition ont eu lieu durant ces dernières années. Les actions de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation dont les recommandations peinent à être mises en œuvre. Les évènements d’Août 2017 ont aggravé la crise sociopolitique. Les élections législatives du 20 décembre 2018 ont, de plus, jeté de l’huile sur le torchon qui brûle entre le parti au pouvoir et l’opposition. 

Le lot de violences émaillant ces manifestations fait interroger les observateurs sur une probable participation de la population à celles du 26 janvier prochain.

Le parti au pouvoir n’ayant pas fait les réformes constitutionnelles et institutionnelles au plus tard le 20 novembre 2018 conformément à la feuille de route de la CEDEAO et une opposition contestataire devenue extraparlementaire par boycott des élections législatives du 20 décembre 2018, tout cela ressemble à un scénario digne d’intrigue de film.

La population qui a tellement donné pour l’indépendance se lasse de la lutte qui semble interminable pour la liberté. Plusieurs situations peuvent être à la base de ce comportement.
Dans ce petit pays où tout le monde se connait, la méfiance et la crainte pour ses intérêts sont devenus les choses les mieux partagées. Un vent de suspicion flotte dans tous les rangs : il y aurait des agents doubles. 

Les populations se sentent embrigadées du jeu politique. Or celles-ci n’aspirent qu’à manger à sa faim, construire son chez lui et à vivre en paix. La conversion des actions et problèmes sociaux en politiques du côté des deux blocs idéologiques a désabusé une partie de la population. Certains se disent fatigués de la situation et ont l’impression d’être dans le mythe de Sisyphe. Il y a donc un laisser-aller chez ces gens. L’accord RPT-UFC a sonné le glas d’un fanatisme et d’une confiance politiques qui régnaient au sein de la population. Les gens ne veulent plus se sacrifier pour l’intérêt national ni pour les buts politiques. Les gens luttent avant tout pour leur survie quotidienne. 

La morosité économique vient compliquer la situation de ces gens. L’artiste Daouda chantait : « Un homme qui a faim n’est pas un homme libre. » Du coup, les gens pensent se gaver avant de faire la politique. 

Cependant, il y a des raisons que les marches de protestation aient lieu. 

« Peuple togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la nation togolaise est née ! ». Ces mots gravés dans le monument de l’indépendance du Togo sont le credo des irréductibles partisans de l’opposition.

Nul n’ignore qu’entre les autorités et les populations, la chaîne de confiance s’est rompue depuis des lustres. 

Ces marches sont des moyens de pression de l’opposition notamment la C14, sur le pouvoir en place en vue d’effectuer les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Devenue  extraparlementaire après les législatives du 20 décembre dernier, on se pose la question de savoir quelle démonstration de force va-t-elle opérer ce 26 janvier ?

Les téméraires vont encore braver la peur pour marcher. La question finale est de savoir quelle sera le nombre. Et pour quel changement ?

Au pays des possibles, le scénario de la prochaine marche dépend du comportement des uns et des autres mais d’autres facteurs peuvent s’y inviter.

LA REDACTION
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