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9 août 2019

Togo / Mohamed Madi Djabakaté : " La loi Boukpessi a enseveli le droit de manifester "




La révision de la loi dite " Bodjona " portant sur les manifestations publiques au Togo, continue de cristalliser les débats au sein de l'opinion publique nationale. Quand le ministre de l'administration territoriale évoque les contraintes sécuritaires et économiques pour justifier cette réforme, ses détracteurs parlent plutôt d'une restriction à l’extrême mettant en pérille la liberté et le droit de manifester.  "Si la loi Bodjona a elle même contribué à crucifier le droit de manifestation, la nouvelle loi taxée de " Boukpéssi a plutôt contribué à ensevelir ce droit ", estime le politologue  Mohamed Madi Djabakaté.

Dans la soirée du mercredi 07 aout 2019, les députés togolais, réunis au siège de l'Assemblée nationale à Lomé lors de la 4ème session extraordinaire de l'année, ont à l'unanimité voté le texte du gouvernement portant modification de la loi relative aux conditions d'exercice de la liberté de réunion et de manifestations publiques pacifiques. Au rang des modifications introduite dans la nouvelle version de cette loi on retrouve : l’interdiction des manifestations dans certaines zones et sur certaines axes, la limite du nombre de manifestations dans une ville, les réunions ou manifestations pacifiques sur la voie publique et dans les lieux publics ne peuvent se tenir avant onze (11) heures et au delà de dix-huit (18) heures.

Dans une interview accordées ce matin à nos confrères de la radio Pyramide FM, le politologue  Mohamed Madi Djabakaté s'est prononcé sur le sujet. Fustigeant ce qu'il qualifie de recul de la construction démocratique que rien ne eut justifier, l'homme déclare que c'est dommage pour le Togo.

"... Les différentes justifications avancées par le gouvernement ne peuvent pas suffire à convaincre des personnes sérieuses. Dans les pays où le terrorisme est une réalité, les gens continuent d'exercer le droit de manifestation. Ce n'est pas dans un pays où on cherche à faire intervenir le terrorisme pour l'utiliser comme argument politique qu'il faut s'émouvoir de la crainte de ce genre de chose ", a-t-il souligné.

Pour le politologue, la modification de la loi sur les manifestations ne devait pas être la priorité du gouvernement à l'heure actuelle.

" Aujourd'hui, le gouvernement a plusieurs défis à relever plutôt que de chercher à étouffer les manifestations politiques. Il y a des problèmes sociaux qui doivent etre la priorité de ce gouvernement. Il y a aujourd'hui des questions comme celle liées aux braquages qui n'ont rien à avoir avec la liberté de manifestations. Il ne faut pas chercher le diable dans les détails, sinon on finit par le retrouver et d'une façon peu glorieuse. "
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