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18 juin 2020

Réchauffement climatique : danger pour les céréales en Afrique !

L'impact dramatique du réchauffement climatique sur la production agricole touche fortement le continent africain, principalement celle des céréale. Les résultats d'une étude scientifique rendus publics il y a quelque mois renforcent les preuves de telles conséquences. Le sujet a été abordé sur RFI, dans la chronique nutrition de Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur de l'ONG Santé Diabète à Bamako au Mali.

Présentation de l'étude
Ce travail a été publié par la prestigieuse revue scientifique Nature. Elle a été réalisée par deux chercheurs français climatologues de l’unité de recherche espace-Dev, qui est un laboratoire affilié à l’Institut de Recherche pour le Développement, en collaboration avec une équipe de recherche japonaise. Depuis quelques années, de nombreux travaux ont été réalisés pour étudier l’impact futur du réchauffement climatique sur les pertes de rendements agricoles. 
Ces chercheurs ont choisi, eux, de ne pas regarder le futur mais de s’intéresser à la situation actuelle. Pour ceci, ils ont étudié la situation en Afrique de l’Ouest durant une période de 10 ans de 2001 à 2009. Pour réaliser ce travail, ils ont utilisé deux simulations climatiques : la première a pris en compte le climat tel qu’il aurait dû être sans empreinte de l’activité humaine. La seconde intègre l’effet des émissions de gaz à effet de serre sur le climat qui sont engendrées par la présence ou l'action de l'homme.
Quels sont les principaux résultats de cette étude ?
Les résultats de cette étude sont très inquiétants à la fois sur l’impact mesuré sur les productions agricoles mais aussi sur l’impact économique qui découle de ces pertes de productions. Les chercheurs concluent que : "Durant la période de l’étude les températures ont augmenté de 1°C en Afrique de l’Ouest et les orages et les pics de chaleur ont été plus fréquents. Ces conditions climatiques dégradées ont provoqué une baisse des rendements du mil de 10 à 20 % et de 5 à 15 % pour le sorgho. D’un point de vue économique, les pertes s’élèvent pour les pays producteurs entre 2 et 4 milliards de dollars pour le mil et entre 1 et 2 milliards de dollars pour le sorgho”.
Une étude publiée en 2012 estimait qu’en Afrique d’ici 2050 les pertes de rendement seraient en 2050 de 17% pour le blé, -5% pour le maïs, 15% pour le sorgho et 10% pour le mil. Avec une baisse déjà effective de 10 à 15% et un réchauffement climatique qui s’accélère, on voit l’urgence d’agir pour le continent Africain et surtout dans la bande soudano-sahélienne, en Afrique de l’Ouest.
Pourquoi la production et la consommation de céréales sont-elles si importantes en Afrique ?
Les céréales sont une famille d’aliments d’origine végétale. Il existe une grande variété de céréales comme par exemple le blé, l’avoine, le maïs, le mil, le sorgho, le riz, le quinoa ou encore le fonio. Leur grain, leur farine ou encore leur semoule servent de base alimentaire à l’homme depuis des milliers d’années. Leur composition qui est très riche en glucides complexes c’est-à-dire en sucres complexes, que l’on appelle amidon, leur permet d’apporter un bon niveau d’énergie à notre corps pendant une assez longue période. Ainsi, dans de nombreux pays, les produits céréaliers représentent encore le groupe d’aliments qui contribue le plus à nos apports énergétiques quotidiens.
En Afrique, elles sont encore plus importantes car leur niveau de consommation les rend indispensables pour assurer la sécurité alimentaire des habitants. Leur consommation est en forte croissance entraînant des besoins qui sont, aujourd’hui, supérieures aux capacités de production. Si la production céréalière venait à baisser à cause de l’augmentation de la température ceci fragiliserait fortement la sécurité alimentaire des populations vivant dans ces zones géographiques. Il est donc important d’agir très rapidement pour ne pas mettre en danger les populations.
Quelles sont les pistes d’action pour éviter une catastrophe ?
De manière globale, la priorité est d’arriver à agir le plus tôt possible pour réduire les émissions de CO2 et le réchauffement climatique afin d’éviter que la poursuite de l’augmentation des températures continue d’aggraver la situation. Les données de cette étude seront d’ailleurs utilisées pour le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le Giec, qui sera publié en 2020.
De manière plus spécifique, sur le terrain, il est urgent d’identifier des plantes plus adaptées génétiquement à des températures élevées et de donner les moyens aux agriculteurs de les cultiver au cas ou ils devraient faire face à une poursuite de l’augmentation des températures. Il faut aussi très rapidement développer des solutions avec les agriculteurs et les communautés en testant des innovations et des adaptations qui permettront de pour réduire la vulnérabilité des systèmes agro-pastoraux locaux.
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