Radio Oreole Flash Info :
latest

728x90

468x60

06 août 2020

Climate Chance : “ Après-crise Covid-19, mieux reconstruire pour renforcer la résilience des villes”

Photo d'archive

Malgré la crise sanitaire relative au coronavirus qui secoue le monde actuellement, Climate Chance Association ne ménage aucun effort pour continuer ses activités, afin de trouver des solutions idoines aux problèmes environnementaux de l’heure et pour les générations à venir. Des ateliers virtuels sont organisés à cet effet. Le 3ème qui a eu lieu le 30 juillet dernier, a porté sur le thème “ Après-crise, mieux reconstruire pour renforcer la résilience des villes”.

Les échanges ont donc porté sur le sujet de “ comment reconstruire pour renforcer la résilience des villes durables dans l’après crise”.  Selon Romain Crouzet, Directeur des Programmes à Climate Chance Association, l’idée est de faire un lien entre la question de l’aménagement urbain et comment adapter les pratiques d’aménagement urbain en tirant les leçons de la pandémie de COVID-19, dans laquelle nous nous trouvons actuellement,  notamment en Afrique, en tirant les conséquences de ce que nous vivons actuellement.
Quatre intervenants ont tour à tour abordé la question par de brillantes communications.

Le premier, Mahamoudou Wadidié, Directeur de l’Agence de développement régional de Bamako, Mali, membre du MTPA Africa.

Dans son introduction, il a indiqué que Comme toutes les villes, Bamako a été fortement impactée par les conséquences de la Covid-19. Les villes qui n’étaient pas préparées à recevoir une telle pandémie. L’impact tel que nous l’allons craint n’a pas été celui escompté. C’est dû à deux choses, premièrement, du fait de la nature. Puis, lorsque la pandémie a été déclarée le gouvernement du Mali a pris des mesures très rapidement, en modifiant les conditions de travail et en mettant en place des campagnes de sensibilisation.

Concrètement, il  travaille actuellement sur le projet «  Portail des Bonnes Pratique MTPA », qui a comme objectif de mettre au service des villes des bonnes initiatives et un système de veille. Nous pensons que travailler de façon fractionnée n’est pas convenable. Il y a des villes qui ont déjà des expériences avec leurs agences, donc le but c’est de mettre en commun les savoirs pour aller vers l’avant.

Le second intervenant est Meriem Chabani, Architecte et co-fondatrice de TXKL Architectes Urbanistes, France.

Il a entamé sa communication en portant un regard spécial sur les enjeux relié au logement dans les villes africaines, et notamment en temps de crise. Il a souligné qu’ensemble avec le partenariat français des villes et territoires ainsi que le réseau habitat francophonie, nous avons participé à un événement en février 2020 (lors du Forum Urbain Mondial), puis le confinement est arrivé. Au final quand on s’intéresse à ses questions de logement, le coronavirus ne fait qu’accentuer des enjeux que nous connaissons déjà.

Le logement une question prioritaire, nous parlons du “droit au logement” lié à la pandémie de la Covid-19. Nous n’avons pas tous accès, et la question de l’accès au logement salubre a été particulièrement ravivée lors de cette crise sanitaire.

Plusieurs mesures mises en place dans le PFVT, est-ce qu’aujourd’hui les états et les villes peuvent se doter d’outils pour du logement abordable ? Le Mali cherche aujourd’hui à se doter d’une politique de logement abordable et un des outils cruciaux pour ces politiques c’est la sécurisation du foncier mais aussi trouver des modes de financements alternatifs.

De manière générale, avoir accès un logement social et publique a un enjeu spécifique, celui de la garantie du paiement du loyer est qui limite et restreint le public à avoir accès à un logement. On doit donc se demander, quels sont les outils à mettre en place pour tenter d’agir à différents échelles au niveau public et privé en même temps ?

A Alger par exemple, les grands ensembles, les grandes difficultés vont être les cages d’escalier, les pieds d’immeuble, le travail doit se faire de manière verticale, permettre un isolement en permettant des espaces communautaires et une entraide.

La transition entre l’espace public et le logement à travers différents seuils peuvent être des  acteurs privés ou des usagers en communiquant des outils.
Quels sont les types de logement que nous voulons produire aujourd’hui ?

La création de logement collectif sur le modèle des grands ensembles, la France a abandonné cette idée depuis quelques années. Mais c’est un modèle qui est adopté par d’autres pays encore. Le problème c’est qu’on doit loger de plus en plus de personnes ainsi que les personnes mal-logées. L’idée de promouvoir des modèles qui sont créés en prenant en compte les cultures donc au lieu de prendre des logements mondialisés, il y a une nécessité de mettre en place innovation, c’est un modèle poussé depuis plusieurs années.
Idée par exemple de promouvoir l’utilisation de matériaux locaux pour construire les logements.

3ème Communication de Charlène Kouassi, Responsable de Développement à l’Observatoire des Mobilités Africaines, Côte d’Ivoire

Le propos sera concentré sur les adaptations en termes de mobilité et de transports pour renforcer la résilience des villes pendant cette période de pandémie. La pandémie est arrivée et les villes ont pu se préparer, dans le cas du transport le bilan est assez mitigé : dans le cadre adaptation et résilience. Le secteur du transport a gardé ses inégalités pendant cette période de crise et ne les a pas forcément combattus.

Les déplacements urbains ont été donc fortement réduits à Kampala par exemple, les transports publics étaient totalement immobilisés (public et privés), mais ils ont repris le 5 juin. A Abidjan, il y avait tout un psychose autour de l’idée de prendre les transports public par peur de la crise sanitaire. Très grande baisse des nombres d’inscrits dans les transports publics. Au niveau du temps de déplacement, au niveau de la population c’est donc fortement augmenté.

La qualité de l’offre est très réduite aussi, la majorité des véhicules sont possédées par des particuliers. Augmentation du prix de certaines lignes dans les villes africaines, avec des augmentations arbitraires. Cela montre en quoi le secteur n’a pu su répondre d’une façon soutenable à la crise sanitaire.

Les acteurs types start-up ont su sensibiliser les populations, par exemple avec la promotion de la digitalisation des paiements. Ces start-up ont su s’adapter. Cette crise a exacerbé les inégalités sociales, économiques mais aussi spatiales.

Le fait de réduire le temps de déplacement, il y a un certain nombre de défis pour que le transport soit durable, et que le transport capacitaire qui soit efficace. L’offre dominante reste informelle. Nous pourrions imaginer le développement d’outils digitaux pour le transport comme des applications pour augmenter la visibilité par exemple.

Le transport lagunaire mériterait d’être beaucoup plus développé, le transport ferroviaire par exemple. Ce serait bien de pouvoir développer un projet MAS (Mobility at the Service), cela aiderait à avoir une plus grande mobilité au niveau des offres, le transport informel ainsi que les modes de transport doux. Dans des villes africaines, ce n’était pas évident pour s’adapter. Il y a toujours des projets qui se mettent en place sur le temps long, mais en termes de solution immédiate, la réponse n’a pas été suffisamment rapide.

4ème intervenant : Sénamé Koffi Agbodjinou, Architecte et fondateur du projet HubCités africaines, Togo

Mon projet est vu comme “marginal” car il a été totalement “auto-financé”. Avec la crise reliée à la Covid-19, il faut reconnaître qu’avec les alertes lancées il y a plusieurs années, on a su que des crises allées être déclenchés. On ne peut pas toujours être prêts mais on peut être préparés.

Dans cette configuration, l’Afrique a une place particulière car elle propose des objets urbains tout à fait intéressants, voire inédits. L’Afrique pourrait accélérer très vite l’anthropocène qui est en réalité une “urbanocène”. Ou alors l’Afrique pourrait proposer des modèles que si on les construit pourrait aider à réparer ce dessin global. L’atout de l’Afrique c’est qu’elle n’est pas totalement endoctriné dans l’urbain. Il existe deux urbanismes : l’urbanisme officiel/réglementaire mais aussi l’urbanisme de “n’importe quelle personne qui crée un lieu”. Cela peut être un atout le jour où le système officiel est mis à l’arrêt.

Lorsque les grandes chaînes de production alimentaire et industrielle ont été mises à l’arrêt, ce qui a permis la perpétuation de la ville c’est la solidarité et les marchés africains de plein air qui a résisté. De ce point de vue, nous avons défendu le besoin d’offrir à la société africaine des outils digitaux. Il y a eu une prise de conscience que le numérique était une nécessité, et donc les Etats dans l’urgence enclenche leur transformation digitale. 

En faisant cela dans l’urgence, les GAFA seront favorisés alors que le start-uper aurait des difficultés à répondre dans l’urgence à une telle demande. Nous n’avons pas arrêté de dire que dans le digital dans la ville, il y aurait une nouvelle forme de colonialité. Il faut prendre les dispositions très vite afin de former une sorte de barrage à ce destin digital de l'extrémisme digital de l’urbain en créant les conditions de quelque chose qui serait plutôt un collectivisme digital en s’appuyant sur des structures traditionnels et des façons de faire organique.

Nous favorisons la multiplicité des centres pour créer comme des cellules ou un archipel, localisme s’en appuyer des bénéfices de la technologie d’aujourd’hui. Cela rendrait plus résilient l’ensemble de la ville face à des crises de la contagion. C’est la part non-colonialisée de l’Afrique qui résiste à la crise que nous vivons aujourd’hui.

L’expérience des HubCités que nous menons, sert à essayer de mailler le territoire avec un réseau de lieux. En utilisant les ressources à proximité, et en s’appuyant sur des technologies en source ouverte. Les labs doivent être capable d’être auto-suffisant en trouvant les ressources à moins de 2km. Les communautés développeraient leurs propres systèmes.
« PRECEDENT
SUIVANT »

Facebook Comments APPID