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30 août 2021

Togo : Des bassins de rétention d’eau pluviale, des mines d’or inexploitées

Vue de l'espace, bassin d'eau pluviale au Carrefour de la République, Agoè-Gbové-Lomé

Depuis des lustres, la question de la sécurité en eau est une affaire vitale, classée au premier rang des priorités en Afrique, surtout subsaharienne, et notamment la région ouest. Au Togo, des travaux d’aménagement du  territoire entrepris depuis plus d’une décennie a nécessité entre autre la construction et le renforcement des infrastructures d’assainissement tels que les bassins de rétention d’eau pluviale. Mais hélas, laissés à leur propre sort, quelques-uns d’entre eux sont devenus ces derniers temps, des sites par excellence de suicide pour certains des compatriotes désarçonnés par le coup du sort tragique de la vie.

 

La thématique de l'eau et l'assainissement est l'objectif N° 6 des 17 Objectifs de développement durable (ODD) adoptés en 2015 par l’Assemblée générale des Nations unies. Son intitulé complet est : « Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ». Il va de pair avec l’ODD N° 2 relatif à la sécurité alimentaire.

 

Politique d’aménagement au Togo : le pays a multiplier les bassins de rétention d’eau pluviale

 

Le chantier des grands travaux a servi de détonateur pour la construction à une échelle acceptable des bassins de rétention d’eau pluviale dans le pays.

 

Dans le grand Lomé, on peut citer les bassins de CAP Adidogomé, de la zone de Soviépé, Agoè Houmbi, Agoè Gbonvé, Agbalépédo, Vakpossito , et pas que. Tous ont la particularité d’être faite en zone urbaine, et donc éloigné des milieux agricoles. Barricadés par des barres métalliques galva, leur pourtour ont été recouverts soit du béton, soit des pavés (sol caché). Conséquence,  il est difficile de faire usage de l’eau recueillie pour faire du moins du jardinage et corollaires.  Or, les bassins de rétention de CAP Adidogomé, du rond-point d’Adidogomé, de la zone de Soviépé et Agoè Houmbi constituent des principales zones à risque d’inondation à chaque saison pluvieuse.

 

L’aménagement de la dépression de la jonction du triangle des rails en bassin de rétention tampon pour augmenter sa capacité de stockage des eaux pluviales (173 000 mètres cubes). La zone se situe dans la colonne vertébrale des eaux vers le système lagunaire. Son aménagement faisait partie des actions de la phase d’urgence du dernier plan directeur d’assainissement de 2014.

 

Actuellement, cette dépression joue le rôle de réceptacle tampon des eaux refoulées depuis le Lycée d’Agoé. Mais, à cause des débits instantanés élevés, elle a débordé lors des pluies, provoquant des inondations dans le quartier Tokoin Dogbéavou.

 

A l’heure actuelle, ce sont les services des sapeurs-pompiers qui s’en servent de temps en temps pour éteindre les incendies par moment. A part eux, l’eu de ces bassins est utilisée par l’ANASAP (Agence Nationale d’'Assainissement et de Salubrité Publique) pour arroser les arbres, fleurs et gazons aux abords des artères routières.

 

Du coup, l’eau qui est emmagasinée reste là, voir même débordante provoquant des inondations si on se retrouve à un moment où il y a surabondance de pluie. Dans le cas contraire, elle se dessèche lentement.

 

Faire des bassins d’eau des mines d’or pour renforcer la sécurité alimentaire

 

L’ODD 6 vise un accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2030, en particulier pour les populations vulnérables. Mais l’objectif vise aussi la gestion durable de cette ressource, en termes de qualité de l’eau, d’usage durable, inclusif et efficace, de protection des écosystèmes, et mentionne la réduction du nombre de personnes souffrant de la rareté de l’eau. Cet objectif intègre la notion de gestion transfrontalière de cette ressource, essentielle à la gestion durable mais aussi favorable à la paix et à la coopération.

 

Ceci dit, au-delà de ce premier rôle attribué aux bassins de rétention d’eau pluviale, ces ouvrages, dont le nombre a été sensiblement multiplié dans la Grande capitale Lomé surtout, pouvaient servir à d’autres causes innovantes, beaucoup plus résilientes. Face au phénomène du changement climatique, il faut une gestion rationnelle et durable de l’eau  au profit du développement durable des populations, pour leur bien social et économique.

 

Se pose alors la question de leur exploitation, de leur mise en valeur  par procédé d’irrigation dans la production agricole, afin de contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire comme recommandée dans les ODD 2.

 

Ainsi, surtout avec le processus de la décentralisation en marche au Togo depuis plus de deux (02) ans, les collectivités locales telles que les communes, doivent intégrer dans leur plan de développement, des projets devant transformer ces bassins de rétention en véritables outils de création de richesse et d’emplois. Au Togo, il y a certaines périodes où les fruits, légumes et autres coûtent chers à cause de leur rareté. La solution sera de faire de ces bassins des sites de production de ces produits de première nécessité pour assurer leur pérennité, et permettre à ce qu’il n’y est pas d’interruption du fait de l’enchaînement des saisons.

 

Pour ce faire, on peut construire une grande infrastructure à photosynthèse, couplée d’un système d’irrigation qui draine l’eau de ces bassins.

 

Photo à titre d'illustration

Cette année 2021 particulièrement, le togolais s’est rendu compte de cette réalité, les effets du changement climatique étant passés  par là. A cause du manque de pluie dans la capitale Lomé, les populations ont fait face à la pénurie des fruits comme l’orange, la banane, l’avocat… et aussi des légumes comme la tomate, qui sont très demandés dans la consommation quotidienne.

 

Avec cette politique, on pourra assurer que ces fruits et légumes soient disponibles toute l’année et non pour une saison. Et cela va contribuer à maintenir les prix de ces produits bas.

 

Les mairies et le gouvernement doivent sérieusement réfléchir sur cet aspect de la chose, pour le bien-être des populations.  Non seulement ça sera un canal de création de richesse, mais aussi celle d’emplois en faveur des jeunes (plusieurs sortent des Ecoles d’agronomies chaque année), et va contribuer à réduire également la pauvreté, conformément aux ambitions du Plan national du développement (PND 2018-2022). Son objectif global est de transformer structurellement l’économie afin que le pays installe une croissance forte, durable, inclusive, créatrice d’emplois décents pour tous et induisant l’amélioration du bien-être social. Soit, d’ici à 2022 : une croissance du PIB de 7,6 % (au lieu de 4,9 % en 2018), générant au moins 500 000 emplois directs, permettant de réduire l’incidence de la pauvreté monétaire à 44,6 % de la population et de faire progresser l’indice de développement humain de plus de 14 %.

 

Dans ce PND, l’AXE 2 concerne le développement de pôles de transformation agricole (avec le développement des agropoles), manufacturiers et d’industries extractives.

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