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13 septembre 2021

CET D’Aképé : Près de 800.000 tonnes de déchets déjà enfouis en 3 ans, et ont coûté plus de 1 647 611 052 F CFA

 


La gestion des déchets constitue un défi majeur pour les municipalités. La ville de Lomé ne fait pas exception. Pour y faire face, la mairie de Lomé, en son temps, épaulée par l’Agence Française de Développement (AFD), l’Union Européenne et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), a construit un Centre d’Enfouissement Technique (CET) à Aképé à 20 km de Lomé précisément dans la préfecture de l’Avé. Inauguré par le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, le 25 avril 2018, mais opérationnel déjà depuis janvier de la même année, cette plateforme de traitement de déchets répondant aux normes internationales, accueille en moyenne, plus de 20 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés par mois. Que retenir des trois ans d’exploitation du centre, quels impacts de l’exploitation du Centre sur les populations riveraines, et quels sont les nouveaux défis de la gestion des déchets ?

 

Les raisons phares de la création du CET

 

Le projet de création du CET répondait à la vision de la municipalité de Lomé de mettre en place une structure organisationnelle en matière de gestion des déchets solides urbains, afin d’améliorer les conditions de vie des populations et lutter contre la dégradation de l’environnement.

 

Le projet ainsi conçu selon les normes internationales en matière de protection de l’environnement et de santé publique visait aussi à réorganiser la filière de gestion de déchets dans la ville de Lomé en éliminant la création des dépotoirs sauvages, et à diminuer les volumes de déchets. Il s’agissait pour les autorités municipales d’alors de trouver une solution urgente à la gestion des déchets face à la croissance de la population et du périmètre urbain de Lomé, mais aussi à la saturation de la décharge d’Agoè-Nyivé. « Le projet de construction du centre d’enfouissement Technique d’Aképé était une réponse qu’on voulait donner à la saturation de l’ancienne décharge d’Agoè-Nyivé qui se retrouvait à un moment donné en pleine agglomération.

 

Il fallait donc la délocaliser. Pour ce faire, il se posait une équation complexe, celle de trouver un nouveau site qui préserve toutes les composantes de l’environnement », explique Kodjo Nabola-Bounou Enoumodji, chef de la division propreté à la Direction des Services Techniques du District Autonome du Grand Lomé (DAGL) et Coordonnateur du Projet CET. Les coûts des travaux du Centre d’Enfouissement Technique d’Aképé estimés à environ 12 milliards FCFA ont été cofinancés par l’Agence Française de Développement (AFD), l’Union Européenne et la BOAD.

 

Les travaux ont été réalisés par le groupement international Eiffage Génie Civil, Coved West Africa et GER. Plus de 800 mille tonnes de déchets accueillis et traités. Construit pour une durée d’exploitation minimale de 20 ans, le CET d’Aképé dispose d’une capacité technique d’accueil de 250 à 300 tonnes de déchets par an. Les déchets enfouis sont principalement des déchets ménagers et assimilés. Il n’est conçu que pour le traitement de ces types de déchets et non pour des déchets dangereux. « Le CET est un centre de stockage des déchets ménagers et assimilés et non une déchetterie.

 

Il n’a donc pas vocation, dans sa finalité et dans sa conception, à accueillir tous les types de véhicules ni tous les types de déchets. En particulier, les aménagements du site ne sont pas destinés à accueillir directement des déchets des particuliers », lit-on dans la politique d’accueil des déchets au Centre d’Aképé.

 

Au cours de la première année d’exploitation, environ 208 775 tonnes ont été enfouies au CET, 272 304 tonnes en 2019, et 303 283 tonnes en 2020 puis sur Ainsi, il est stocké en moyenne depuis 2018, environ 20845 tonnes de déchets par mois, soit un total de 7 784 362 tonnes sur les trois années d’exploitation. Hormis les frais des transports des déchets payés par la mairie de Lomé, aujourd’hui District Autonome du Grand Lomé à des prestataires privés et d’autres coûts, l’enfouissement de ces déchets a coûté plus de 1 647 611 052 F CFA à raison de 5431 F CFA payés à l’entreprise exploitante du site par tonne enfouie.

 

Nécessite de réduire le sable dans les déchets

 

« Il y a un problème culturel auquel nous faisons face aujourd’hui quand l’on observe le balayage et la gestion de nos déchets dans nos maisons. L’autre aspect du problème reste aussi les dépotoirs sauvages créés par les populations et que la mairie était contrainte de dégager pour convoyer sur le site. C’est donc un ensemble de comportements de tous les citoyens qui concourent à ce problème », explique pour sa part M. Enoumodji.

 

Cette augmentation du poids des déchets à enfouir par la présence du sable n’arrange pas forcément l’exploitant du site. « Lorsque les déchets sont mélangés avec suffisamment de sable, cela ne nous arrange pas non plus. Plutôt, cette situation nous complique le travail de compactage et constitue un risque d’immobilisation et de pannes pour nos engins », confie le Directeur d’Exploitation du CET, M. Bruce Amanah.

 

Avec le DAGL

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