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11 janvier 2022

Mali : les autorités de transition appellent à la mobilisation contre la CEDEAO mais restent ouvertes «au dialogue»

 


Le bras de fer CEDEAO-Mali se poursuit. Après les sanctions adoptées dimanche par la Cédéao et l'Uemoa, les autorités de transition maliennes ont réagi en dénonçant des mesures « illégales ». Les soutiens de la junte militaire, au pouvoir depuis le coup d’État du 20 août, estiment que la souveraineté du peuple malien est menacée et appellent à la mobilisation.

 

Le gouvernement de transition ne semblait pas prêt pour la conciliation, dénonçant dans un communiqué diffusé dès dimanche soir des sanctions « illégales » et « inhumaines ». Pour le gouvernement de transition, la Cédéao et l’Uemoa sont même « instrumentalisées par des puissances extra régionales aux desseins inavoués » Comprendre : la France et les pays occidentaux partenaires du Mali.

 

À l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire ce lundi soir, le gouvernement de transition appelle dans un communiqué l’ensemble de la population à une mobilisation générale sur tout le territoire vendredi 14 janvier, décide l’élaboration d’un « plan de riposte » pour sauvegarder la souveraineté du pays et invite les partenaires sociaux à la trêve « pour faire face aux défis de l’heure ». Ces décisions s'ajoutent aux mesures déjà adoptées par réciprocité – fermeture des frontières aériennes et terrestres avec les pays de la Cédéao et rappel des ambassadeurs dans les pays membres.

 

Cependant, dans un discours à la télévision d'État ORTM, le chef de la transition Assimi Goïta s'est dit « ouvert au dialogue », tout en appelant à la fois les Maliens à la mobilisation et la Cédéao à une analyse approfondie de la situation. « La complexité de la situation du Mali n’a pas été prise en compte », a-t-il jugé. Sans évoquer de nouvelle proposition.

 

Des Maliens appellent à la mobilisation

Les autorités de transition appellent donc à la vigilance et à la mobilisation de tous les Maliens, mais aussi des forces nationales de défense et de sécurité face à l’activation de la Force militaire en attente de la Cédéao (lire encadré ci-dessous). Un ton martial qui semble peu propice au dialogue, invoqué par le chef du régime à Bamako.

 

« C’est un moyen de montrer que la junte ne se laissera pas faire », estime un observateur averti, qui requiert l’anonymat sur ce sujet sensible. Une posture, selon cette source, destinée à rassurer la frange la plus nationaliste de la population, et qui ne présume pas des possibles compromis que pourraient faire les autorités de transition. Une rallonge plus courte de deux ans ou trois ans a souvent été évoquée dans les cercles du pouvoir.

 

Les Assises nationales de la refondation organisées par les autorités pour que les Maliens se prononcent, entre autres, sur la durée de la transition, avaient recommandé un allongement de six mois à cinq ans. Les cinq, puis quatre ans, proposés par Bamako à la Cédéao pourraient donc être revus à la baisse, sans trahir ces conclusions, afin d’éviter que les sanctions très lourdes de la Cédéao ne pénalisent la population.

 

Pour autant, de nombreux soutiens des autorités de transition demandent de la fermeté face à des sanctions considérées comme une attaque contre la souveraineté du Mali et contre la volonté des Maliens : pas question de revoir ses ambitions à la baisse et de se plier à un diktat extérieur.

 

Ainsi, dans le pays, de nombreuses organisations de la société civile affichent leur soutien aux autorités de transition. Le Front pour l'émergence et le renouveau au Mali (FER-Mali) appelle même à la mobilisation.

 

« Le Mali doit se mettre debout. On ne doit pas compter sur les autres. Donc nous, nous soutenons fermement la vision des autorités de la transition. Le Front pour l’émergence et le renouveau au Mali demande une mobilisation générale de tous Maliens et des amis des Maliens sur l’ensemble du territoire national pour soutenir les autorités de la transition et condamner ces sanctions illégales, illégitimes et inhumaines des présidents de la Cédéao », a déclaré Sory Ibrahima Traoré, président du FER-Mali.

 

Des rassemblements ont déjà été organisés à Bamako, dimanche soir et surtout ce lundi après-midi. Nul doute qu’il y en aura d’autres.

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