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29 juillet 2022

Arabie Saoudite : "Droit de l'homme oui, mais le pétrole d'abord", Emmanuel Macron dans les pas de Joe Biden?


Face à la crise énergétique qui se profile à l'horizon, accentuée par les effets de la guerre en Ukraine, les dirigeants occidentaux voient rouge et tentent de tous les moyens dont ils disposent pour arrêter, du moins réduire l'hémorragie. Du coup, l'Arabie Saoudite, qu'ils avaient mis au ban pour déficit de droit de l'homme, devient comme par la magie des choses, fréquentable. c'est "la real politic", nous explique-t-on maintenant.


Tout est enclenché au sommet de G7. Dans une vidéo qui a fait le tour du monde et des réseaux sociaux, on voyait Emmanuel Macron courir derrière Joe Biden, l'informant de son coup de fil aux dirigeants des pays du Golfe leur exhortant à augmenter leur production de pétrole pour freiner l'envolée des prix sur le marché et ceci pour en finir avec le pétrole russe.


Quelques jours plus tard, et plus précisément le vendredi 15 juillet dernier, le président américain se rend en Arabie Saoudite, a même échangé tête-tête avec celui qu'il avait qualifié de "pariât" il un peu plus d'un an, le prince  héritier Mohammed ben Salman (considéré comme le commanditaire de l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi).


Jeudi 28 juillet 2022 à l'Élysée, c'est le tour d'Emmanuel Macron d'accueillir le prince héritier d'Arabie saoudite. Les deux personnalités ont même dîné ensemble. Parmi les sujets abordés : l'approvisionnement énergétique et la production de pétrole, au regard de la flambée des prix  déclenchée par la guerre en Ukraine. 


L'Arabie saoudite étant le premier exportateur mondial de brut, les Occidentaux cherchent à la convaincre d’ouvrir les vannes afin de soulager les marchés. Comme son homologue américain, le président français a fait part de ses préoccupations dans ce domaine afin que les attentes des Européens trouvent des réponses.


L’autre sujet majeur abordé au cours de ce déplacement, c’est la question des droits de l’homme, fait-on savoir : c’était la première visite du prince héritier en Europe depuis l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.


Cette visite a suscitée la colère des défenseurs des droits de l'homme. Une plainte contre Mohammed ben Salman a été déposée ce jeudi devant le tribunal de Paris pour complicité de torture et de disparition forcée. Le même jour, Hatice Cengiz, la fiancée de Jamal Khashoggi, s'est déclarée « scandalisée et outrée qu'Emmanuel Macron reçoive avec tous les honneurs le bourreau de mon fiancé ». Les services de renseignement américains avaient pointé la responsabilité du prince héritier, qui dément avoir ordonné l'assassinat même s'il dit en porter la responsabilité en tant que dirigeant.


Les ODDH, telle Amnesty International, parlent de deux poids de mesures, en référence aux sanctions infligées à Moscou pour avoir envahi l'Ukraine, et que tout se fait pour isoler la Russie a lorsqu'au même moment, on déroule tapis rouge à l'Arabie Saoudite qui mène depuis quelques années une guerre au Yemen, qui fiat déjà des centaines de milliers de morts.


"La réhabilitation de Mohammed Ben Salman, c'est quelque chose que nous ne voulions pas voir arriver", a déclaré à RFI Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International.

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